L’Avarice

Si, pour Saint Thomas d’Aquin, l’orgueil est la fin des fins, tous les péchés conduisant à gonfler l’ego, Saint Paul lui, assure que « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent ». La cupidité, elle, est première dans l’ordre des moyens employés, l’argent permettant de réaliser tous les désirs.

Si le désir de posséder fait partie des inclinations légitimes, l’avarice commence lorsque la possession devient une fin.

L’avarice entraîne à sa suite l’insensibilité du cœur, l’inquiétude dans la possession, la violence dans l’appropriation, le vol et même la trahison

L’avare est anxieux, inquiet en permanence d’avoir un jour à éprouver une perte. L’argent accapare son esprit et en fait son premier souci. Et c’est l’une des raisons qui poussait Saint François d’Assise à interdire à ses frères de toucher la moindre piécette, pour ne pas succomber à la fièvre de l’or.

L’avare n’a jamais conscience de son vice. Il lui trouvera au contraire toujours des circonstances atténuantes.

Il y a de l’infini dans le désir d’argent. On n’a jamais assez. On en veut toujours plus ! « Tout être qui possède en abondance s’estime encore trop pauvre », disait Saint Ambroise. Les Pères de l’Eglise voyaient dans cette cupidité insatiable une véritable plaie, une « boulimie de l’âme » comme l’appelait Saint Jean Chrysostome : « Plus elle se gorge d’alimentsplus elle désire. Elle étend toujours ses souhaits au-delà de ce qu’elle possède ».