L’Envie

L’Envie désigne plus particulièrement la convoitise ou émotion éprouvée par celui qui désire intensément posséder le bien d’autrui.

Nous pouvons citer quelques épisodes marquants de l’Ancien Testament qui illustrent clairement que c’est par l’envie que la mort est entrée dans le monde.

Alors que Dieu avait créé Lucifer comme sa créature la plus splendide, comme un Ange de Lumière, ce dernier, envieux de la puissance de Dieu, fut alors transformé par Dieu en Satan.

Le second épisode est celui du Paradis Terrestre. Envieux d’Adam et Eve, Satan, par la tentation qu’il suscite en eux, provoque la colère de Dieu, et leur expulsion du Paradis. Débute alors la douloureuse histoire humaine.

Un troisième épisode est celui du meurtre d’Abel par son frère Caïn. Il semblerait selon le Livre de la Genèse, que Dieu ait été plus sensible aux offrandes faites par Abel qu’à celles de son frère. Caïn, rongé par la jalousie, « une bête qui le rongeait sans qu’il puisse la dompter » dit la Bible, tue alors son frère…

Depuis la chute originelle, depuis que l’homme a cédé à la tentation du serpent de la Genèse, un Caïn sommeille en nous. A titre individuel, et dans la vie quotidienne, l’Envie est un défaut morne et triste qui, contrairement aux autres, ne procure aucun plaisir. Elle est une pure source de souffrance existentielle. Car, dans le fond, ce qui manque au jaloux, ce n’est pas seulement telle ou telle chose, mais c’est l’estime de son propre bien

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L’Envie, avec l’Orgueil, est le péché capital le plus fréquent. Il ne figurait cependant pas dans la première classification des péchés capitaux telle qu’élaborée au 4ème siècle. En effet, pour les théologiens de cette époque lointaine, l’Envie était plutôt une maladie qui s’enracinait dans l’enfance et qui, pour cette raison était particulièrement difficile à soigner.

C’est au 6ème siècle que Grégoire le Grand qui allait devenir pape fait entrer l’Envie dans la liste des péchés capitaux. Sans doute car c’est celui des 7 péchés capitaux qui s’oppose le plus aux trois vertus théologales que sont la Foi, l’Espérance et la Charité :

  • L’envieux n’a aucune confiance dans le fait que Dieu l’a doté de ressources et de talents. La jalousie est toujours une ingratitude. Avant de se protéger de la lumière qui rayonne d’autrui, le jaloux s’aveugle sur sa propre capacité à éclairer.
  • L’envieux n’a pas d’espérance dans l’amour que lui porte Dieu. « Le jaloux est celui qui ne peut pas croire à la bonté d’autrui, même quand il a des signes de son amour », explique l’exégète Paul Beauchamp.
  • L’envieux, peut développer une animosité qui peut aller jusqu’à la haine, contraire de l’amour absolu du prochain qui est demandé à tout chrétien.

L’Envie désigne plus particulièrement la convoitise ou émotion éprouvée par celui qui désire intensément posséder le bien d’autrui. On peut envier des biens matériels (territoire, voiture, maison…) ou des biens moraux (talent, bonheur…). On envie toujours quelqu’un qui possède quelque chose, et non simplement quelque chose. L’envieux s’attriste de ce l’autre possède et qu’il n’a pas : ses qualités, sa gloire, sa richesse, etc…A terme, on peut parfois trouver la haine.

L’Envie dans l’Ancien Testament

Nous pouvons citer quelques épisodes marquants de l’Ancien Testament qui illustrent clairement que c’est par l’envie que la mort est entrée dans le monde.

Alors que Dieu avait créé Lucifer comme sa créature la plus splendide, comme un Ange de Lumière, ce dernier, envieux de la puissance de Dieu, fut alors transformé par Dieu en Satan.

Le second épisode est celui du Paradis Terrestre. Envieux d’Adam et Eve, Satan, par la tentation qu’il suscite en eux, provoque la colère de Dieu, et leur expulsion du Paradis. Débute alors la douloureuse histoire humaine.

Un troisième épisode est celui du meurtre d’Abel par son frère Caïn. Il semblerait selon le Livre de la Genèse, que Dieu ait été plus sensible aux offrandes faites par Abel qu’à celles de son frère. Caïn, rongé par la jalousie, « une bête qui le rongeait sans qu’il puisse la dompter » dit la Bible, tue alors son frère…

Ailleurs encore, le jeune David n’est qu’un berger. Mais il vient de tuer le géant Goliath. Alors « les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël…dansaient et chantaient ceci : « Saul a tué des milliers, et David des dizaines de milliers ». Le roi Saul fut horriblement vexé. « Il dit, dépité : « On a donné les dizaines de milliers à David et à moi les milliers. Il ne lui manque plus que la royauté ». Et à partir de ce jour, Saul regarda David d’un regard jaloux ». Il voulut le tuer (1S 18,6-11).

Aujourd’hui… Depuis la chute originelle, depuis que l’homme a cédé à la tentation du serpent de la Genèse, un Caïn sommeille en nous. Le mal se répand dans le temps. Et l’histoire de l’humanité n’a cessé d’être émaillée d’épisodes violent ; de clans, de groupes et de pays s’enviant les uns les autres et entrainant au fil des siècles révoltes, émeutes et guerres.

A titre individuel, et dans la vie quotidienne, l’Envie est un défaut morne et triste qui, contrairement aux autres, ne procure aucun plaisir. Car si l’avare jouit d’accumuler de l’argent, si le gourmand savoure ce qu’il mange, si celui qui aime la luxure profite des plaisirs du corps, si le paresseux se repose avec béatitude, si l’orgueilleux se pavane, et si le coléreux est content de marquer son territoire, ou de savoir s’affirmer, seul l’envieux n’éprouve aucun plaisir dans son défaut ! Quand il est en pleine crise d’envie, il ne se fait absolument aucun bien, il rumine, tourne en rond, gaspille son énergie, se ronge les sangs, jalouse, et finalement, se fait du mal à lui-même sans se faire aucun bien en compensation !

Aristote disait de l’Envie que c’était un péché de « proximité ». On envie en effet les personnes qui sont proches de nous : collègues de travail, voisins, amis. On désire la gloire et on ne veut pas qu’elle revienne à quelqu’un d’autre. La tentation est alors forte de prendre tous les moyens pour éliminer les rivaux. « L’adulte jaloux, expliquait Saint Augustin, redoute de voir l’autre l’égaler ou dont l’égalité le fait souffrir ».

Ainsi le dénigrement, la médisance et la calomnie subtile peuvent devenir des armes mortelles. Particulièrement avec les moyens mis à la disposition de la société d’aujourd’hui (médias, internet) qui peuvent détruire une carrière ou une personne, avec une violence qu’on ne connaissait pas jadis.

L’envie serait aussi la maladie par excellence des courtisans, des intellectuels et des sportifs. C’est à dire de toutes les personnes qui évoluent dans des milieux hautement compétitifs.

La jalousie est-elle vraiment un péché ?

Il convient de distinguer la faute du sentiment. La tristesse envieuse est d’abord une passion, une réaction de la sensibilité : elle entre sans frapper, surgit sans prévenir. La faute commence lorsque nous devenons le complice de cette passion. Quand nous la justifions et l’entretenons par des pensées, des paroles ou des actions.

Jalousie : il n’y a qu’un mot pour désigner la blessure et la faute, et c’est regrettable. Mais ce terme unique signifie aussi la continuité d’une histoire qui peut aller de la fermeture subie (c’est la blessure) à la fermeture consentie (c’est le péché).

II reste que la jalousie n’est pas sans remède … à condition de 1 ‘avoir reconnue !

Ne pas nier cette tristesse et l’appeler par son nom. Elle engendre le plus souvent trois sortes de réactions : la dépression, la culpabilité ou 1’agitation.

Quelques signes mettent la puce à 1’oreille, des signes qui ne trompent pas…

– A 1’annonce d’un heureux événement survenant à quelqu’un, le jaloux est incapable de ressentir la moindre joie : il est soit triste, soit indifférent.

– Le jaloux est captatif, exclusif dans la relation

– L’envieux a spontanément 1’esprit plus critique que laudatif.

– Le jaloux ne sait pas plus adresser de compliments qu’il n’arrive à les entendre pour autrui.

– L’état intérieur du jaloux varie en fonction de ce qui arrive à 1’autre.

-Le jaloux est dispersé. Il ne vit que pour accumuler les garanties de sa valeur. Ce qui rend difficile la prière et la vie intérieure.

Comment dépasser ces envies qui n’apportent qu’amertume ?

Il faut simplement apprendre à se réjouir du bonheur des autres ! Leur bonheur ne nous enlève rien, aussi faut-il laisser ce bonheur être contagieux. Comme le dit le philosophe André Comte-Sponville  » aimer c’est se réjouir « , se réjouir des chances de l’autre, de ses bonheurs, de ses réussites.

  • ACCEPTER QUE L’AUTRE SOIT AUTRE..
    Notre besoin de fusion nous fait croire que si 1’on dit – ou si 1’on pense – du bien d’autrui, cela diminue notre propre valeur. Prenons conscience qu’en réalité, la gloire de l’autre ne nous fait pas ombrage. Cloisonnons, distinguons. L’autre est autre, unique lui aussi, avec ses talents propres.
  • EVITER LA COMPARAISON.
    C’est la racine de la jalousie. Ne donnons pas prise à ceux qui cherchent à susciter votre envie.
  • ACCEPTER LE MANQUE.
    Sortons de 1’illusion que nous serons un jour comblé par une situation ou par une personne. Même un artiste aussi génial que le peintre Raphaël était jaloux de Michel-Ange … au point d’avoir demandé au pape Jules II de terminer le plafond de la Sixtine à sa place.
  • SE RAISONNER.
    Si nous atteignons un jour notre objectif d’être le meilleur, notre satisfaction sera mêlée de la crainte constante d’être détrôné. Disons-nous une fois pour toutes qu’il existe, à travers le monde, une personne qui possède ce quelque chose qui nous manque, et que nous courons toujours le risque de la rencontrer …
  • L’ESTIME DE SOI.
    Prenons conscience que la jalousie est un péché d’ingratitude à 1’égard des dons qui sont en nous.
  • LA COMMUNION DES SAINTS.
    Si cela ne suffit pas, le jaloux chronique trouvera une ultime consolation dans la méditation du mystère de la Communion des saints. Probablement, le plus sûr remède à 1’envie, avec la louange. Car au Ciel, il n’y aura plus de jaloux. Nous découvrirons avec un soulagement inouï que Dieu a prévu une place différente et unique pour chacun. Davantage, nous nous réjouirons infiniment plus du bonheur de tous, que de notre seul bonheur. « Au Ciel, mon plus grand bonheur ne sera pas le mien, confiait un mystique, mais celui de tous les autres. »

Le mot « Envie » vient du latin « invedere »qui veut littéralement dire « faire du mal avec le regard ». De là viendrait l’expression « portait le mauvais œil » qu’on attribuait jadis aux sorcières, capables de jet un sort par un simple regard…

Tiré d’une Emission Historia, et de Famille Chrétienne No. 1230