La Foi

Pour la vivre, quelques « pistes » :

Prier et vivre les sacrements : la foi doit être nourrie par la rencontre avec que l’on aime. Il faut essayer de prendre un peu de temps, même dix minutes par jour, pour Le retrouver. On peut dire simplement une dizaine de chapelets, ou lire un passage de Bible. Et rester en union avec le Christ à chaque moment de notre vie, au travail, en famille…

Poser des actes d’amour : Chaque jour, nous pouvons essayer de réaliser au moins un acte d’amour, quelque chose qui va nous coûter et que l’on ne voudrait pas faire. Quand ce n’est pas facile, ce sont là de vrais actes d’amour.

Voir l’action de Dieu dans notre vie : au jour le jour, essayons de chercher les signes de son amour. Nous pouvons vraiment avoir confiance en lui, car il est notre Père.

Persévérer : la foi n’est pas toujours évidente, et tout le monde passe par des moments difficiles, y compris dans la vie religieuse. Il faut donc rester fidèle, et garder courage. Comme pour les couples mariés, il faut chaque jour redire oui. Et être patient

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Avec Sœur Marie, évoquons Mère Térésa, dont l’existence a été l’expression vivante de la première d’entre les vertus théologales : La Foi

Sœur Marie est la première française entrée dans la communauté des Missionnaires de la Charité, en 1966. Elle a vécu pendant 22 ans auprès de Mère Teresa. Aujourd’hui, elle vit dans la maison de Prem Dan, à Calcutta. Pour elle, la foi de la Mère était évidente.

« Lorsque je suis venue à Calcutta, ce n’était pas pour Mère Teresa, car je n’avais jamais entendu parler d’elle. J’étais infirmière et je voulais avant tout servir les pauvres. Mais lors de notre première rencontre, sa foi m’a tout de suite impressionnée. C’est seulement après sa mort que nous, ses sœurs, avons découvert toutes ses difficultés intérieures. Jamais elle ne nous a montré ce qu’elle vivait, elle l’a seulement révélé à ses pères spirituels. Aussi, lorsque nous avons appris avait l’impression d’avoir perdu la foi, qu’elle ne ressentait rien dans sa prière, nous sommes tombées des nues.
« Pourtant, il était visible que foi la portait. Mère Teresa n’avait peur de rien, même s’il fallait aller voir le premier ministre ! Elle agissait, tout simplement, parce qu’elle se savait portée par Dieu. Son désir d’accomplir Sa volonté était tel que rien ne l’arrêtait. Il lui a fallu bien courage et de la foi pour quitter sa première congrégation, celle des Sœurs de Lorette, à laquelle elle était très attachée. De fait, elle a commencé toute seule dans les rues de Calcutta, mais elle s’est accrochée à Dieu, car elle sentait que c’était Lui qui lui demandait d’agir. Puis les sœurs ont commencé à la rejoindre. Aujourd’hui, nous sommes plus de 5.000 à travers le monde, dans près de 760 maisons.

Elle aimait par-dessus tout le silence

« Mère Teresa avait une totale confiance en la Providence. Comme nous ne vivons que de dons, il est arrivé qu’il n’y ait plus rien pour le repas. Elle nous disait alors : «Priez, on verra bien», et, tout à coup quelqu’un venait nous apporter de quoi manger. Pour elle, tout reposait sur la prière, qui avait une place très privilégiée dans sa vie et nourrissait sa foi.
Malgré sa nuit intérieure, Mère Teresa y est toujours restée fidèle. Jamais elle n’aurait manqué les temps d’oraison qui lui étaient si essentiels et elle profitait de la moindre occasion pour prier. Ainsi, elle gardait toujours son chapelet en main. Ensuite, l’Eucharistie quotidienne était indispensable, c’était toute sa vie. En fin, elle aimait par-dessus tout le silence, car nous disait que Dieu y passe. Je crois que si elle n’avait pas eu la foi, elle n’aurait jamais pu nous parler de Jésus comme elle le faisait. Nous la sentions très proche de Lui, amoureuse ; elle l’évoquait avec une grande tendresse et avait un grand désir de Lui.
J’ai surtout remarqué chez elle une véritable cohérence entre ses paroles et ses actes. Un signe évident de sa grande foi. Pas question pour elle d’avoir une vie spirituelle abstraite. Ce n’était pas une rêveuse, au contraire, elle était très concrète. Elle voulait que nous soyons des «contemplatives en action». Et lorsque nous étions très fatiguées, elle nous disait : «Courage ! On se reposera au Ciel ! » La charité, n’attendait pas et elle était toujours la première pour agir, prier, aimer, toujours prête à pardonner. Elle nous donnait ainsi l’exemple, que ce soit spirituellement ou dans le travail. J’étais très frappée par sa bonté envers tout un chacun. Car pour elle, la foi devait se concrétiser dans l’amour. «Les pauvres nous aident à aimer Dieu», disait-elle.
« Elle nous a appris à voir le Christ en eux. Elle les soignait, les nourrissait. Comme la plupart ici sont hindous, elle ne leur parlait pas de Jésus, mais en les aimant, elle voulait leur communiquer Son amour. C’est pourquoi Mère Teresa a voulu que nous soyons comme eux, sans rien. Nous n’avons pas de douche, pas de lit fixe, nous dormons dans des dortoirs. Nous n’avons pas d’attache et devons pouvoir partir sur l’heure si nous sommes appelées pour une autre mission, dans un autre pays. Ici, nous la voyions toujours souriante, c’était une joie intérieure, sans exubérance, avec simplicité, réserve. Une joie qu’elle cherchait à donne à ceux qu’elle rencontrait. Jamais, je ne l’ai entendue se plaindre de quoi que ce soit. Pour elle, il fallait tout faire pour Dieu, tout lui offrir. C’est ainsi qu’elle Sa présence à l’œuvre dans les plus petites choses de la vie.

C’était son amour pour Dieu qui la menait

« J’ajouterais qu’elle était la plus âgée, et que pourtant nous avions du mal à la suivre. Nous sentions bien que c’était son amour pour Dieu qui la menait. En conclusion, je dirais qu’elle a travaillé jusqu’au haut. Le jour même de sa mort, elle a consolé une famille indienne dont fille s’était suicidée. Quand nous la voyions, nous comprenions que la foi, c’est l’amour de Dieu que l’on met autour de nous. Et cela m’a toujours encouragée dans ma vie de religieuse.

 Propos recueillis par Emmunuella Morlin-Ponsâa

Tiré de «Prier, l’aventure spirituelle »

Voici une prière que Mère Teresa disait chaque jour, après la communion. Ce texte rejoint l’état d’esprit de la fondatrice des Missionnaires de la Charité. En effet, à l’exemple du cardinal Newman (1801-1890), un de ses plus chers désirs, c’était de s’effacer totalement afin de laisser passer la lumière et la joie divines. Et de les communiquer au monde.

Seigneur Jésus,

Aide-moi à répandre Ton parfum

partout où je vais.

Inonde mon âme de ton Esprit et de Ta Vie.

Pénètre en moi et prends entièrement

possession de tout mon être

afin que toute ma vie ne soit

qu’un rayonnement de la Tienne.

 

Rayonne à travers moi,

et sois si présent en moi

que chaque âme que j’approche

puisse sentir Ta présence en moi.

Qu’en me regardant,

ils ne voient plus que Toi seul, Jésus ! (…)

 

Que je Te loue ainsi

de la façon que Tu aimes le plus

en rayonnant sur les autres autour de moi.

Que je te prêche sans prêcher,

non par mes mots, mais par mon exemple,

par la force entraînante

de l’influence contagieuse de ce que je fais,

par la plénitude éclatante

de l’amour que mon Cœur Te porte.

Amen.

 

Cardinal John Henry Newman