La Prudence

La Prudence, vertu cardinale dont les symboles traditionnels sont le miroir et le serpent, dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien, et à choisir les justes moyens de l’accomplir. Elle permet donc de fixer des objectifs dans notre vie quotidienne et de choisir les moyens adéquats pour y parvenir.

Savoir tenir compte de la sorte d’homme qu’on a en face de soi et être tout à la fois, doux, humbles de cœur et prudents… C’est ce subtil dosage de qualités que le Christ nous demande de mettre en œuvre, tant pour affirmer la qualité de notre foi, que pour construire, au nom de celle-ci, un monde meilleur

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Combien de prudence ne faut-il pas déployer chaque jour pour éviter de froisser tel ou tel collègue ou encore pour désamorcer l’agressivité ambiante ? Oui, indéniablement, pour apporter la paix dans les rapports humains, il convient de cultiver en nous la générosité et la prudence.
Celle, en particulier, de ne pas juger trop vite les autres. Car le jugement est une prison pour nous-mêmes autant que pour autrui. Son aliment n’est autre que la peur, le repli sur soi et la propension à vivre un rapport de possession et non de communion avec le monde. Une démarche profondément mortifère.

Discerner ce à quoi notre époque nous appelle 

Rappelons-nous que Jésus recommande aux malades qu’il guérit d’être prudents et de ne pas en faire état, car le temps de le proclamer n’est pas encore venu. A son invitation, il est important que nous sachions convoquer toute la prudence voulue pour discerner ce à quoi notre époque nous appelle prioritairement. Et toute l’audace nécessaire pour apporter les
bonnes réponses aux défis majeurs du XXIe siècle. Car le christianisme est d’une étonnante modernité. Pour peu que l’Église sache se faire toujours plus proche et dialoguante. Non pas craintive, mais engagée et fraternelle.

Pour vivre la prudence

Ne pas juger trop vite et ne pas rester enfermés dans nos perceptions de l’autre, forcement subjectives et partielles.
En corolaire, apprendre à regarder autrui avec empathie et croire qu’en lui, il y a toujours un angle de beauté. Vivre sans cœur, c’est être ivre de soi-même. Cet inconnu croisé dans la rue, qui me semble si étrange ou hostile, il est toujours plus « désarmé » et proche que je ne le crois.

Ne jamais renoncer à l’espérance.
Une institution, un homme, une femme, et, tout simplement, le monde, peuvent toujours devenir meilleurs.

Bien s’enraciner dans la prière.
« Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignagepour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. »

Saint Matthieu 10, 16-23

 

Extrait « Prier, l’aventure spirituelle ‘‘La Sagesse l’art de bien vivre’’