Le Sacrement des Malades

 

c6Longtemps associé à la mort, et administré une seule fois aux malades à l’agonie, « l’extrême-onction » comme elle a été appelée pendant des siècles, s’est vu redonner son sens authentique au cours du concile Vatican II, en devenant « Sacrement des Malades ».

Ce sacrement, que l’on pourrait appeler aussi « Sacrement de Guérison » est porteur, pour le malade qui le reçoit, de soulagement du corps, de l’âme et de l’esprit. Et de beaucoup d’émotion et d’espérance pour l’entourage qui l’assiste.

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Dès le temps des apôtres…
« Si l’un d’entre vous est dans la souffrance, qu’il prie. Si quelqu’un est dans la joie, qu’il chante le Seigneur. Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Église la fonction d’Anciens: : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. »
Épître de saint Jacques 5, 13-16

Où recevoir l’onction des malades?
Cette célébration peut se dérouler de façon communautaire, en paroisse ou dans une aumônerie d’hôpital.
Dans ce cas, le sacrement, ainsi célébré en Église, peut prendre tout son sens.Rassemblant les malades, leurs proches, mais aussi les bien portants, l’Église célèbre l’amour du Christ pour tous, et en premier lieu ceux qui souffrent.
Le sacrement peut également être reçu de façon individuelle, dans la chambre de la personne alitée. Ses proches peuvent être présents. Cette communauté de prière peut être précieuse à tous.

Existe-t-il un sacrement pour les mourants ?
Lorsque la vie s’éloigne, l’Église catholique propose à la personne mourante de recevoir l’eucharistie à titre de « viatique », c’est-à-dire de « nourriture pour le chemin », sa dernière étape, celle du passage vers le Père et de l’entrée dans le Royaume. On peut dire, ainsi, que c’est l’eucharistie qui est le véritable sacrement du moment de la mort. Lors de ces moments ultimes, recevoir le corps du Christ signifie à la fois l’affirmation de la foi en la Parole    de Dieu, qui donne la vie au-delà de la mort physique, et aussi l’acceptation de sa propre faiblesse, qui appelle une autre nourriture pour franchir ce pas. Cette communion est semence de vie éternelle et suprême profession de foi en cette vie éternelle : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 54).

Pourquoi une onction d’huile ?
Durant l’Antiquité, les applications d’huile étaient vécues comme un moyen de soulager les souffrances physiques. L’huile était, à cette époque, symbole d’aisance et de richesse. On pouvait aussi être oint en signe d’honneur ou d’hospitalité. Les onctions d’huile étaient aussi réputées pour calmer les douleurs et guérir les malades.
Dans la Bible, des onctions étaient pratiquées à diverses occasions religieuses ou profanes. L’huile était ainsi porteuse de signification religieuse. On pratiquait aussi des onctions dans un cadre liturgique, sur certains objets ou certaines personnes afin de les consacrer à Dieu. Par ailleurs, l’onction royale, rite du sacre des rois, signifiait à la fois la manifestation du choix divin et l’investiture officielle du roi.

D’où vient aujourd’hui l’huile pour l’onction des malades?
Chaque année, trois jours avant Pâques, le matin du jeudi saint, au cours de la messe « chrismale » qui rassemble tous les prêtres d’un diocèse dans la cathédrale, l’évêque consacre diverses huiles qui seront utilisées l’année suivante pour la célébration de plusieurs sacrements.
L’huile des malades, pour procurer soulagement et force de l’Esprit Saint pour lutter dans l’épreuve de la maladie.
L’huile des catéchumènes, pour que les futurs baptisés reçoivent la force de l’Esprit Saint dans la construction de leur vie, dans le combat contre le péché.
Le saint chrême. Cette huile parfumée est réservée pour trois sacrements, le baptême, la confirmation et l’ordination, en signe de consécration à Dieu. Elle sert également lors de la dédicace d’une église (consécration de l’autel et onction de pierres gravées d’une croix). Le parfum symbolise la présence de Celui qu’on ne voit ni n’entend : « Nous sommes bien pour Dieu la bonne odeur du Christ » (2 Co 2,15). Il signifie la plénitude des dons de l’Esprit saint: comme l’huile qui imprègne tout ce qu’elle touche, par le saint chrême, l’Esprit Saint descend et pénètre les êtres consacrés à Dieu : « Vous qui faites maintenant partie de son peuple, Dieu vous marque de l’huile sainte pour que vous demeuriez éternellement les membres de Jésus-Christ, prêtre, prophète et roi » (extrait du rituel du baptême, lors de l’onction du saint chrême).